Quels sont les risques associés à un taux élevé de triglycérides et quelles précautions faut-il prendre ?
Un taux élevé de triglycérides, ou hypertriglycéridémie, constitue un facteur de risque cardiovasculaire bien établi. Lorsque les concentrations plasmatiques dépassent 1,7 mmol/L (soit 150 mg/dL) à jeun, on parle d’hypertriglycéridémie légère ; au-delà de 5,6 mmol/L (500 mg/dL), le risque d’atteinte pancréatique aiguë augmente significativement, notamment en raison de la formation de chylomicrons et de la libération locale de lipases inflammatoires dans le pancréas.
Cette élévation est fréquemment associée à d’autres anomalies métaboliques : syndrome métabolique, résistance à l’insuline, obésité abdominale, hypertension artérielle et dyslipidémie combinée (notamment baisse du HDL-cholestérol et augmentation des particules LDL de petite taille et dense). Elle peut également révéler des causes secondaires telles qu’un diabète mal équilibré, une hypothyroïdie non traitée, une insuffisance rénale chronique, une consommation excessive d’alcool ou certains traitements (bêtabloquants non sélectifs, corticoïdes, rétinoïdes, antipsychotiques atypiques).
Sur le plan clinique, l’hypertriglycéridémie sévère (>10 mmol/L) peut s’accompagner de signes évocateurs : xanthomes éruptifs (lésions cutanées jaunâtres sur les fesses, les épaules ou les membres inférieurs), xanthèlesmes palpébraux, lipémie du plasma (aspect laiteux du sérum après centrifugation) ou encore pancréatite aiguë récidivante. Toutefois, dans la majorité des cas, elle reste asymptomatique et est découverte fortuitement lors d’un bilan lipidique de dépistage.
La prise en charge repose avant tout sur des mesures hygiéno-diététiques rigoureuses : restriction des sucres ajoutés et des glucides raffinés, limitation stricte de l’alcool, suppression des graisses saturées et trans, privilège aux acides gras mono-insaturés (huile d’olive, avocat, oléagineux) et oméga-3 à longue chaîne (poissons gras deux fois par semaine). Une activité physique régulière (150 minutes/semaine d’effort modéré) et une perte de poids chez les personnes en surcharge pondérale sont essentielles. En cas d’échec thérapeutique ou de triglycérides > 5,6 mmol/L, une prise en charge pharmacologique peut être envisagée (fibrates, acide nicotinique ou, plus récemment, inhibiteurs sélectifs du transporteur de triglycérides comme le volanesorsen dans les formes héréditaires sévères).
Un suivi régulier avec dosage à jeun des triglycérides, du cholestérol total, du HDL et du LDL est indispensable pour évaluer l’efficacité des interventions et adapter la stratégie thérapeutique. Une collaboration étroite entre le médecin généraliste, le cardiologue et, si nécessaire, le spécialiste en médecine interne ou en endocrinologie, permet une approche personnalisée et préventive optimale.