Comment les groupes sanguins sont-ils transmis génétiquement ?
Le groupe sanguin est déterminé génétiquement selon le système ABO et le facteur Rhésus (Rh), deux systèmes indépendants mais codés sur des chromosomes différents. Le système ABO repose sur un seul gène situé sur le chromosome 9, comportant trois allèles principaux : IA, IB et i. Les allèles IA et IB sont codominants, tandis que i est récessif. Ainsi, une personne de groupe A peut avoir le génotype IAIA ou IAi, celle de groupe B peut être IBIB ou IBi, celle de groupe AB est nécessairement IAIB, et celle de groupe O est toujours ii.
Le facteur Rhésus dépend principalement du gène RHD, situé sur le chromosome 1. La présence d’une protéine RhD fonctionnelle confère le phénotype Rh positif (Rh+), tandis que son absence — souvent due à une délétion complète du gène RHD — correspond au phénotype Rh négatif (Rh–). Le caractère Rh+ est dominant sur Rh–. Un individu Rh+ peut donc être hétérozygote (RHD/rhd) ou homozygote (RHD/RHD), alors qu’un individu Rh– est nécessairement homozygote récessif (rhd/rhd).
L’hérédité du groupe sanguin suit les lois de Mendel : chaque parent transmet un allèle pour le système ABO et un allèle pour le système Rh. Il est donc possible de prédire les groupes sanguins probables d’un enfant à partir des génotypes parentaux, bien que la détermination précise exige souvent des tests sérologiques ou moléculaires. Par exemple, deux parents de groupe O (ii) ne peuvent avoir qu’un enfant de groupe O ; en revanche, deux parents Rh– ne peuvent pas avoir un enfant Rh+. Ces connaissances sont essentielles en transfusion sanguine, en obstétrique (prévention de l’allo-immunisation Rh) et en médecine légale.