Une ligne blanche est apparue sous la gencive
L’apparition d’une bande blanchâtre sous la gencive peut susciter de l’inquiétude, mais elle n’est pas toujours le signe d’une pathologie grave. Cette lésion, souvent décrite comme une « ligne blanche
L’apparition d’une bande blanchâtre sous la gencive peut susciter de l’inquiétude, mais elle n’est pas toujours le signe d’une pathologie grave. Cette lésion, souvent décrite comme une « ligne blanche », peut correspondre à plusieurs causes cliniques distinctes, allant de modifications bénignes et réversibles à des affections nécessitant une prise en charge spécialisée.
La cause la plus fréquente est la leucoplasie, une lésion précancéreuse caractérisée par une hyperkératose épithéliale localisée. Elle apparaît généralement sous forme de plaque blanche non effaçable à la grattage, souvent liée au tabagisme, à la consommation d’alcool ou à une irritation chronique (prothèse mal ajustée, dents cassées ou rugueuses). Bien qu’elle soit souvent asymptomatique, toute leucoplasie située sur la gencive ou la muqueuse buccale doit faire l’objet d’une biopsie pour exclure une dysplasie épithéliale ou un carcinome épidermoïde débutant.
D’autres diagnostics différentiels incluent la lichen plan buccal, une maladie inflammatoire auto-immune qui peut se manifester par des stries blanches en réseau (stries de Wickham), parfois associées à des érosions ou des ulcérations. La candidose orale, notamment chez les patients immunodéprimés ou sous antibiotiques prolongés, peut aussi provoquer des plaques blanchâtres, mais celles-ci sont généralement effaçables et s’accompagnent souvent de sensation de brûlure ou de sécheresse buccale.
Enfin, une simple hyperkératose traumatique — résultant d’un frottement répété contre une prothèse, une obturation débordante ou une dent fracturée — peut induire une ligne blanche bien délimitée, sans caractère préoccupant si elle disparaît après correction du facteur irritatif.
En pratique clinique, tout changement persistant de la muqueuse gingivale — surtout s’il dure plus de deux semaines, s’épaissit, saigne spontanément ou s’accompagne de douleur — justifie une consultation en stomatologie ou en médecine bucco-dentaire. L’examen clinique complet, complété si nécessaire par une biopsie incisionnelle et une analyse histologique, reste la référence pour établir un diagnostic précis et orienter la prise en charge thérapeutique adaptée.