Que surveiller après une intervention chirurgicale de la prostate ?
Après une intervention chirurgicale portant sur la prostate — qu’il s’agisse d’une prostatectomie radicale pour cancer, d’une résection transurétrale de la prostate (RTUP) pour hyperplasie bénigne ou
Après une intervention chirurgicale portant sur la prostate — qu’il s’agisse d’une prostatectomie radicale pour cancer, d’une résection transurétrale de la prostate (RTUP) pour hyperplasie bénigne ou d’une ablation par laser — une période de surveillance et d’adaptation postopératoire est essentielle. Les patients doivent être informés des complications potentielles, des signes d’alerte à surveiller et des mesures concrètes à adopter pour favoriser une récupération optimale.
Les troubles urinaires constituent le premier motif de vigilance : incontinence urinaire, souvent temporaire mais pouvant persister plusieurs semaines ou mois, et dysurie (miction douloureuse ou difficile), fréquente dans les premiers jours suivant la RTUP ou la prostatectomie. Une hématurie légère peut également apparaître au cours de la première semaine ; elle doit cependant faire l’objet d’une évaluation immédiate si elle devient abondante, accompagnée de caillots ou de symptômes obstructifs.
L’activité physique requiert une adaptation progressive. Les efforts intenses, la levée de charges supérieures à 5 kg, ainsi que les activités provoquant une augmentation brutale de la pression intra-abdominale (comme la constipation non traitée ou la toux chronique) doivent être évités pendant au moins quatre à six semaines afin de prévenir les saignements secondaires ou les complications liées à la cicatrisation.
Sur le plan sexuel, une dysfonction érectile est fréquemment observée après prostatectomie radicale, même dans les techniques nerve-sparing. Elle peut être transitoire ou durable, justifiant une prise en charge précoce par un urologue spécialisé. L’éjaculation rétrograde est, quant à elle, quasi constante après RTUP ou ablation laser, sans incidence sur la santé globale mais avec un impact sur la fertilité.
Un suivi urologique régulier est indispensable : dosage sérique de l’antigène prostatique spécifique (APS), examen clinique et, selon le contexte oncologique, imagerie complémentaire. Toute réapparition de symptômes obstructifs, de douleurs pelviennes persistantes, de fièvre ou de signes d’infection urinaire (brûlures mictionnelles, pollakiurie, pyurie) doit conduire à une consultation rapide.
Enfin, une hygiène de vie adaptée — hydratation suffisante (1,5 à 2 litres/jour), alimentation riche en fibres pour éviter la constipation, arrêt du tabac et limitation de l’alcool — soutient activement la guérison tissulaire et réduit le risque de complications tardives.