Qu’est-ce que le saignement utérin dysfonctionnel ?
Les saignements utérins dysfonctionnels (SUD) désignent des épisodes hémorragiques anormaux survenant en l’absence de pathologie organique identifiable — c’est-à-dire sans fibrome, polype, adénomyose,
Les saignements utérins dysfonctionnels (SUD) désignent des épisodes hémorragiques anormaux survenant en l’absence de pathologie organique identifiable — c’est-à-dire sans fibrome, polype, adénomyose, cancer ou autre lésion structurelle de l’utérus. Ils résultent principalement d’un déséquilibre hormonal, notamment d’une anomalie de la régulation oestro-progestative au niveau de l’axe hypothalamo-hypophyso-ovarien. Ce trouble est fréquent chez les adolescentes en période de maturation ovarienne et chez les femmes périménopausées, où les ovulations deviennent irrégulières ou absentes.
Cliniquement, les SUD se manifestent par des règles abondantes (ménorragies), prolongées (ménorragies > 7 jours), trop fréquentes (polyménorrhée), espacées (oligoménorrhée) ou totalement absentes (aménorrhée), voire par des saignements intermenstruels. Le diagnostic repose sur l’exclusion systématique de causes organiques ou systémiques : examen clinique minutieux, échographie pelvienne transvaginale, dosage hormonal (FSH, LH, œstradiol, prolactine, TSH), bilan de la coagulation si nécessaire, et parfois biopsie endométriale ou hystéroscopie diagnostique.
La prise en charge est individualisée selon l’âge, la sévérité des saignements, la présence ou non d’anémie, les comorbidités et les souhaits contraceptifs ou procréatifs de la patiente. Les options thérapeutiques incluent les progestatifs oraux ou intra-utérins (stérilet au lévonorgestrel), les contraceptifs hormonaux combinés, les analogues de la GnRH dans les formes sévères réfractaires, ou encore le traitement chirurgical (résection endométriale ou hystérectomie) lorsque les traitements médicaux échouent ou sont contre-indiqués.
Une surveillance régulière est essentielle, car certains SUD, surtout lorsqu’ils s’accompagnent d’un hyperœstrogénisme non opposé par la progestérone, peuvent favoriser une hyperplasie endométriale — facteur de risque d’adénocarcinome de l’endomètre. Une évaluation gynécologique annuelle, avec échographie et, si indiqué, prélèvement histologique, permet de prévenir ces complications.