Qu’est-ce que la transformation polykystique des deux ovaires ?
Le terme « aspect polykystique des ovaires » désigne une observation échographique courante, caractérisée par la présence d’un nombre accru de follicules antraux (généralement ≥ 20 par ovaire) mesuran
Le terme « aspect polykystique des ovaires » désigne une observation échographique courante, caractérisée par la présence d’un nombre accru de follicules antraux (généralement ≥ 20 par ovaire) mesurant entre 2 et 9 mm de diamètre, souvent disposés en périphérie de l’ovaire, accompagnée d’une augmentation modérée du volume ovarien (supérieur à 10 mL). Il s’agit d’un signe morphologique, non d’un diagnostic en soi.
Cet aspect échographique peut être observé chez jusqu’à 20–25 % des femmes en âge de procréer, y compris chez celles sans symptôme ni trouble hormonal. Il n’implique pas nécessairement la présence du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), qui exige la réunion de deux critères sur trois selon les critères de Rotterdam : 1) oligo- ou anovulation, 2) signes cliniques ou biologiques d’hyperandrogénie, 3) aspect polykystique des ovaires à l’échographie — en l’absence d’autres causes endocriniennes (hypothyroïdie, hyperprolactinémie, syndrome des ovaires résistants, etc.).
L’interprétation de cet aspect doit donc toujours être contextualisée : elle nécessite une évaluation clinique rigoureuse (anamnèse détaillée, examen physique, recherche de signes d’hyperandrogénie comme l’hirsutisme ou l’acné), ainsi qu’un bilan biologique adapté (dosage de LH, FSH, testostérone totale et libre, DHEA-S, prolactine, TSH). Une simple constatation échographique isolée ne justifie ni un diagnostic de SOPK ni une prise en charge thérapeutique spécifique.
En pratique clinique, l’objectif est d’éviter le surdiagnostic et la médicalisation inutile. Lorsque l’aspect polykystique est asymptomatique et associé à des cycles menstruels réguliers, une fonction ovarienne normale et des paramètres hormonaux dans les limites de la normale, aucune intervention n’est requise. En revanche, en cas de troubles de la fertilité, d’aménorrhée, d’hirsutisme ou de métabolisme altéré (résistance à l’insuline, obésité abdominale), une investigation approfondie et une prise en charge personnalisée — incluant des mesures hygiéno-diététiques, un suivi endocrinien et, si nécessaire, un traitement pharmacologique — deviennent pertinentes.