Douleurs articulaires du gros orteil lors de la flexion et de l’extension : quelles en sont les causes ?
Une douleur à la flexion et à l’extension de l’articulation du gros orteil — souvent décrite comme une gêne ou une raideur lors des mouvements actifs ou passifs — peut refléter plusieurs pathologies m
Une douleur à la flexion et à l’extension de l’articulation du gros orteil — souvent décrite comme une gêne ou une raideur lors des mouvements actifs ou passifs — peut refléter plusieurs pathologies mécaniques ou inflammatoires. Cette symptomatologie est fréquemment associée à l’hallux rigidus, une forme dégénérative d’arthrose localisée à la première articulation métatarso-phalangienne (MTP). Dans ce cadre, la perte progressive du cartilage articulaire entraîne une limitation fonctionnelle, une douleur mécanique accentuée en charge, et parfois des ostéophytes périarticulaires qui entravent le glissement normal des surfaces osseuses.
D’autres causes doivent être systématiquement évoquées : une tendinopathie du long extenseur ou du fléchisseur propre du gros orteil, notamment chez les sportifs soumis à des sollicitations répétées ; une bursite pré- ou rétro-articulaire secondaire à une pression chronique (ex. chaussures trop serrées) ; ou encore une arthrite inflammatoire sous-jacente, telle que la goutte, la polyarthrite rhumatoïde ou la spondylarthrite ankylosante, dont les poussées peuvent se manifester par une douleur aiguë, une tuméfaction et une chaleur locale.
Un bilan clinique rigoureux — incluant l’examen de la mobilité active et passive, la recherche de signes inflammatoires, l’évaluation de la statique podale et la palpation précise des structures périarticulaires — est indispensable. L’imagerie radiographique standard (vue antéro-postérieure et latérale du pied) permet de confirmer le diagnostic d’arthrose, d’apprécier le stade lésionnel (selon la classification de Coughlin et Shurnas), et d’identifier d’éventuelles anomalies morphologiques, comme un exostose dorsale ou une hypermobilité du premier rayon. Dans certains cas, une IRM peut être indiquée pour explorer les lésions tendineuses, ligamentaires ou ostéochondrales non visibles sur radiographie.
La prise en charge repose sur une approche graduée : mesures conservatrices en première intention (orthèses plantaires personnalisées, chaussures à semelle rigide et à empeigne spacieuse, anti-inflammatoires non stéroïdiens ciblés, infiltrations corticoïdes ou acide hyaluronique), puis, en cas d’échec thérapeutique ou de dégradation fonctionnelle sévère, des options chirurgicales telles que l’arthroplastie, l’arthrodèse ou la cheilectomie, selon le profil anatomique et fonctionnel du patient.