Quels risques pour une femme de 79 ans qui conserve son stérilet ?
À 79 ans, la présence d’un dispositif intra-utérin (DIU) non retiré représente un risque médical sérieux, souvent sous-estimé tant par les patientes que par certains professionnels de santé. En effet,
À 79 ans, la présence d’un dispositif intra-utérin (DIU) non retiré représente un risque médical sérieux, souvent sous-estimé tant par les patientes que par certains professionnels de santé. En effet, après la ménopause, l’utérus subit une atrophie progressive : le myomètre s’amincit, l’endomètre devient plus fragile, et la cavité utérine se rétrécit. Dans ce contexte, un DIU ancien — surtout s’il est en place depuis plusieurs décennies — peut perforer la paroi utérine, migrer vers la cavité péritonéale ou s’intégrer dans les tissus adjacents, entraînant des complications potentiellement graves telles que des saignements anormaux, des douleurs pelviennes chroniques, des infections intra-abdominales ou même des adhérences inflammatoires.
Par ailleurs, la durée de vie autorisée des DIU varie selon leur type : les DIU au cuivre ont généralement une indication de 10 à 12 ans, tandis que les DIU hormonaux (à base de lévonorgestrel) sont approuvés pour 3 à 8 ans selon le modèle. Au-delà de ces délais, l’efficacité contraceptive n’est plus garantie — bien que cela soit secondaire chez une femme ménopausée — mais surtout, le risque de dégradation du dispositif augmente : corrosion, fragmentation ou perte de l’ancrage, ce qui favorise les migrations ou les perforations.
Le retrait d’un DIU chez une femme âgée nécessite une évaluation préalable rigoureuse : échographie transvaginale pour localiser précisément le dispositif, évaluation de l’atrophie génitale et, si nécessaire, examen hystéroscopique. Dans certains cas, notamment en cas de migration ou d’incorporation tissulaire, une intervention chirurgicale mini-invasive (cœlioscopie) peut être requise. Il est donc essentiel que toute femme ménopausée porteuse d’un DIU soit suivie régulièrement et qu’un plan de retrait programmé soit établi dès la confirmation de la ménopause définitive — généralement deux ans après la dernière menstruation chez les femmes de plus de 50 ans.