Comment traiter l’alopécie androgénétique ?
La chute de cheveux androgénétique, ou alopécie androgénétique, est la forme la plus fréquente de perte capillaire chez l’homme et la femme. Elle résulte d’une sensibilité génétique des follicules pil
La chute de cheveux androgénétique, ou alopécie androgénétique, est la forme la plus fréquente de perte capillaire chez l’homme et la femme. Elle résulte d’une sensibilité génétique des follicules pileux aux androgènes — notamment à la dihydrotestostérone (DHT) — qui provoque un miniaturisation progressive des follicules, une réduction de la durée de la phase anagène (croissance) et un raccourcissement du cycle pilaire.
Le traitement repose sur une approche personnalisée, fondée sur la gravité de l’atteinte, le sexe, l’âge, les comorbidités et les préférences du patient. Chez l’homme, le finastéride — inhibiteur sélectif de la 5-alpha-réductase de type II — est un traitement oral approuvé en première intention : il réduit la conversion de la testostérone en DHT, stabilise la chute dans environ 80 % des cas et favorise une repousse modérée chez la moitié des patients après 12 à 24 mois. Le dutastéride, inhibiteur de types I et II de la 5-alpha-réductase, présente une efficacité supérieure dans les formes avancées, mais son usage reste hors AMM pour cette indication en France.
Chez la femme, le finastéride n’est pas indiqué en raison du risque tératogène ; on privilégie plutôt le minoxidil topique à 2 % ou 5 %, dont l’efficacité est modérée mais bien documentée, surtout en association avec des contraceptifs oraux antiandrogéniques (ex. : ciproterone acétate associé à l’éthinylestradiol) chez les femmes en âge de procréer présentant un hyperandrogénisme clinique ou biologique. La spironolactone, bien que non autorisée spécifiquement pour l’alopécie en France, est parfois utilisée en pratique courante sous surveillance stricte de la fonction rénale et des électrolytes.
D’autres options thérapeutiques émergentes incluent la thérapie photobiomodulation (lumière rouge/near-infrared), les injections intradermiques de plasma riche en plaquettes (PRP), ou encore les greffes capillaires chez les patients stables sur le plan évolutif. Ces approches ne remplacent pas les traitements médicamenteux de fond, mais peuvent constituer des compléments utiles dans une stratégie globale.
Un suivi régulier — tous les 6 à 12 mois — est essentiel pour évaluer la réponse thérapeutique, ajuster le traitement si nécessaire et renforcer l’adhésion, car l’arrêt prématuré de tout traitement médical entraîne inévitablement une reprise de la chute dans les 3 à 6 mois suivants.