Le silicone injecté pour le nez il y a 40 ans présente-t-il encore des risques ?
Quarante ans après une rhinoplastie au silicone, quelles sont les implications cliniques à long terme ? Cette question revient fréquemment chez les patients ayant bénéficié d’une augmentation nasale a
Quarante ans après une rhinoplastie au silicone, quelles sont les implications cliniques à long terme ? Cette question revient fréquemment chez les patients ayant bénéficié d’une augmentation nasale avec implant en silicone il y a plusieurs décennies. Bien que cette technique ait été couramment utilisée dans certaines régions du monde, notamment en Asie de l’Est, durant les années 1980 et 1990, elle soulève aujourd’hui des préoccupations croissantes en matière de sécurité et de stabilité tissulaire à très long terme.
L’implant en silicone médical est un matériau biocompatible, mais non biodégradable ni intégré au tissu environnant. À l’instar de tout corps étranger permanent, il peut induire une réaction fibreuse chronique : la formation d’une capsule fibreuse autour de l’implant est normale, mais avec le temps, celle-ci peut s’épaissir, se rétracter ou devenir asymétrique, entraînant des déformations progressives du profil nasal, une sensation de raideur ou des irrégularités palpables.
Des complications tardives documentées incluent notamment la migration de l’implant, l’extrusion cutanée (particulièrement au niveau de la pointe nasale), la perforation septale, ou encore des phénomènes inflammatoires récurrents sans infection bactérienne avérée — parfois qualifiés de « réaction granulomateuse à corps étranger ». Le risque augmente si l’implant a été mal positionné initialement, s’il existe une minceur constitutionnelle des tissus nasaux, ou en cas de traumatismes répétés.
Sur le plan fonctionnel, une altération de la respiration nasale peut survenir secondairement, notamment si l’implant comprime ou déforme les structures internes comme les cornets ou le septum. Une évaluation clinique complète — incluant l’examen endoscopique nasal, une imagerie par résonance magnétique (IRM) ou une tomodensitométrie (TDM) — est indispensable pour apprécier l’intégrité de l’implant, son positionnement, l’état des tissus adjacents et la présence éventuelle de complications silencieuses.
En pratique clinique actuelle, la rhinoplastie avec implant en silicone n’est plus recommandée en première intention dans les pays à haute exigence réglementaire (comme l’Union européenne ou les États-Unis), où les greffes autologues (cartilage costal, auriculaire ou septal) constituent la référence pour leur meilleure intégration biologique et leur faible taux de complications tardives. Chez les patients porteurs d’un implant ancien, une surveillance régulière est conseillée, et toute modification clinique — douleur persistante, changement de forme, rougeur ou sécrétion — doit faire l’objet d’une consultation spécialisée sans délai.