Des chercheurs français ont confirmé, pour la première fois par séquençage génomique, l’existence d’un variant recombiné du SARS-CoV-2 baptisé « deltacron », combinant des éléments génétiques des variants Delta et Omicron. Cette découverte, rapportée le 11 mars par le site scientifique américain Live Science, marque une étape importante dans la surveillance épidémiologique mondiale, alors que des cas ont déjà été identifiés aux États-Unis et dans plusieurs pays européens.
Ce variant recombiné n’est pas le fruit d’une simple mutation, mais d’un événement de recombinaison virale : il apparaît lorsque deux variants distincts — ici Delta et Omicron — infectent simultanément la même cellule hôte. Pendant la réplication virale, les génomes peuvent s’échanger des segments, donnant naissance à un virus hybride porteur de caractéristiques héritées des deux lignées parentales. Ce phénomène est particulièrement plausible dans les régions où la circulation concomitante des deux variants était élevée, comme en Europe au cours de la transition entre les vagues Delta et Omicron.
Face à cette nouvelle entité virologique, les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’un renforcement coordonné des mesures de santé publique, fondé sur trois axes prioritaires :
Premièrement, une stratégie de dépistage systématique et ciblée : l’élargissement des capacités de tests RT-PCR, l’intégration accrue des tests antigéniques rapides dans les dispositifs de dépistage de masse, ainsi qu’une traçabilité rigoureuse des cas positifs — avec déclaration immédiate, investigation exhaustive des chaînes de transmission et identification rapide des contacts à risque (contacts étroits et contacts secondaires) — sont essentielles pour cartographier la diffusion du variant et interrompre sa propagation.
Deuxièmement, une gestion renforcée de la transmission communautaire : des mesures de restriction non pharmacologiques, adaptées au niveau local de circulation virale, doivent être appliquées de manière cohérente — notamment dans les lieux à forte densité de population tels que les établissements scolaires, les résidences collectives, les zones rurales à accès limité aux soins ou encore les quartiers urbains vulnérables — afin de limiter les déplacements non essentiels et les rassemblements, et ainsi prévenir toute dissémination transfrontalière ou interrégionale.
Troisièmement, une vigilance accrue dans les sites à haut risque de transmission : les établissements de santé, les centres de soins, les écoles, les usines et les chantiers de construction requièrent des protocoles renforcés — incluant la ventilation optimisée, le port systématique de masques FFP2 dans les espaces clos, le dépistage régulier du personnel et des usagers, ainsi que la mise à jour continue des plans de continuité d’activité — afin de contenir toute flambée locale et de maintenir la sécurité des soins et des services essentiels.