Quelles maladies doivent susciter une vigilance particulière en cas d’aérophagie fréquente ?
Des éructations fréquentes — c’est-à-dire des rejets répétés de gaz gastriques par la bouche — peuvent être bénignes lorsqu’elles sont occasionnelles et liées à une ingestion rapide d’aliments, à la consommation de boissons gazeuses ou à un stress passager. Toutefois, lorsqu’elles deviennent persistantes (plus de quelques fois par jour, sur plusieurs jours ou semaines), accompagnées de symptômes associés ou résistantes aux mesures hygiéno-diététiques simples, elles doivent faire l’objet d’une évaluation médicale approfondie.
Plusieurs pathologies gastro-intestinales doivent être évoquées en premier lieu : le reflux gastro-œsophagien (RGO), souvent associé à des brûlures rétrosternales, un goût acide en bouche ou une toux chronique ; la gastrite ou une ulcération gastroduodénale, pouvant s’accompagner de douleurs épigastriques, de nausées ou d’une sensibilité à certains aliments ; ou encore une infection à Helicobacter pylori, fréquemment responsable d’un déséquilibre de la sécrétion acide et d’une distension gastrique favorisant les éructations.
D’autres causes méritent également une attention particulière : une dysmotilité gastrique (comme la gastroparésie), notamment chez les patients diabétiques ou ceux sous certains médicaments (ex. anticholinergiques, opioïdes) ; un syndrome de l’intestin irritable (SII), surtout si les éructations coexistent avec des ballonnements, des alternances de constipation et de diarrhée ; ou une obstruction partielle du tractus gastro-intestinal supérieur (par exemple due à une sténose peptique, une tumeur gastrique ou une compression extrinsèque), bien que plus rare, surtout si associée à une perte de poids involontaire, des vomissements ou une anorexie.
Enfin, des causes extra-gastro-intestinales doivent parfois être considérées, telles qu’un trouble anxieux généralisé ou un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) avec comportement d’air swallowing (aérophagie fonctionnelle), particulièrement chez les jeunes adultes. Un bilan clinique rigoureux — incluant l’interrogatoire détaillé, l’examen physique et, selon les éléments évocateurs, des examens complémentaires (ex. endoscopie digestive haute, test respiratoire à l’urée pour H. pylori, pH-métrie œsophagienne ou scintigraphie gastrique) — est indispensable pour orienter le diagnostic et instaurer une prise en charge adaptée.