Quels sont les traitements de la sécheresse oculaire ?
Le traitement du syndrome de l’œil sec repose sur une approche personnalisée, adaptée à la gravité de la sécheresse oculaire, à ses causes sous-jacentes (ex. : dysfonction des glandes de Meibomius, syndrome de Sjögren, médicaments anticholinergiques, facteurs environnementaux) et aux symptômes rapportés par le patient. En première intention, on recommande des mesures hygiéno-diététiques : humidification de l’air ambiant, limitation de l’exposition aux écrans avec application régulière de la règle 20-20-20 (toutes les 20 minutes, regarder un objet situé à 20 pieds — soit environ 6 mètres — pendant 20 secondes), éviction des courants d’air directs (climatisation, chauffage soufflé) et apport hydrique adéquat.
Les larmes artificielles sans conservateurs constituent le pilier thérapeutique de première ligne ; elles sont à instiller plusieurs fois par jour selon les besoins, en privilégiant des formulations à base d’acide hyaluronique, de carbomère ou de polyvinylpyrrolidone pour une meilleure rétention cornéenne. En cas de sécheresse modérée à sévère, des traitements complémentaires peuvent être prescrits : collyres anti-inflammatoires tels que la ciclosporine à 0,05 % ou la lifitegrast à 5 %, qui agissent sur la composante inflammatoire chronique intrinsèque au syndrome ; des lubrifiants nocturnes à base de gel ou d’onguent (ex. : vitamine A palmitate) pour prévenir la déshydratation cornéenne pendant le sommeil ; ou encore des dispositifs occlusifs des points lacrymaux (plugs temporaires ou permanents) afin de conserver les larmes naturelles plus longtemps.
Dans les formes résistantes ou associées à une dysfonction sévère des glandes de Meibomius, des thérapeutiques avancées sont envisagées : thérapie thermique pulsée (ex. : LipiFlow®), expression manuelle des glandes, ou encore traitements par lumière pulsée intense (IPL). Un suivi ophtalmologique régulier est indispensable pour évaluer l’efficacité du traitement, dépister d’éventuelles complications (kératite ponctuée superficielle, ulcère cornéen, infection secondaire) et ajuster la stratégie thérapeutique en conséquence.