【Endocrinologie】Quels sont les critères de classification du diabète selon son degré de gravité ?
En endocrinologie, le diabète sucré n’est pas classé selon un système de « stades » ou de « niveaux » hiérarchisés comme on pourrait l’imaginer (par exemple, stade I, II, III), contrairement à certaines maladies cancéreuses ou dégénératives. Il s’agit d’une pathologie chronique caractérisée par une hyperglycémie persistante résultant d’un défaut de sécrétion et/ou d’action de l’insuline. La classification clinique repose principalement sur le **type** (diabète de type 1, de type 2, gestationnel ou autres formes spécifiques), la **gravité métabolique**, l’**évolution thérapeutique**, et surtout la **présence ou l’absence de complications**.
La gravité est évaluée de façon objective à l’aide de paramètres quantitatifs : glycémie à jeun, hémoglobine glyquée (HbA1c), glycémie postprandiale, clairance rénale (clairance de la créatinine ou débit de filtration glomérulaire estimé), ainsi que les résultats des examens complémentaires (fond d’œil, électrocardiogramme, tests neurologiques, etc.). Par exemple, une HbA1c ≥ 9 % ou une glycémie à jeun > 13,9 mmol/L (> 250 mg/dL) traduit un déséquilibre glycémique sévère nécessitant une réévaluation rapide du traitement.
L’évolution est également stratifiée selon le risque de complications : on distingue le diabète sans complication, avec complications microvasculaires (rétinopathie, néphropathie, neuropathie) ou macrovasculaires (infarctus du myocarde, AVC, artérite des membres inférieurs), ou encore avec comorbidités associées (hypertension artérielle, dyslipidémie, obésité, syndrome des ovaires polykystiques). Cette approche permet d’adapter la stratégie thérapeutique, la fréquence du suivi et les objectifs glycémiques individuels.
Il est essentiel de noter que le terme « stade » peut prêter à confusion : certains patients ou professionnels utilisent improprement cette expression pour désigner la durée de la maladie ou le niveau de contrôle métabolique — mais ce n’est ni une classification officielle ni un critère diagnostique reconnu par les sociétés savantes (Société francophone du diabète, IDF, ADA). Le suivi doit donc toujours être personnalisé, fondé sur une évaluation globale du patient, et non sur une étiquette simplificatrice.