Pourquoi les ulcères peptiques peuvent-ils provoquer une sténose pylorique ?
L’obstruction pylorique constitue une complication redoutée des ulcères digestifs, en particulier lorsqu’ils siègent au niveau de l’antre gastrique ou du duodénum. Elle survient principalement dans de
L’obstruction pylorique constitue une complication redoutée des ulcères digestifs, en particulier lorsqu’ils siègent au niveau de l’antre gastrique ou du duodénum. Elle survient principalement dans deux contextes pathophysiologiques : d’une part, une inflammation aiguë sévère accompagnée d’œdème muqueux et musculaire important, entraînant un rétrécissement fonctionnel transitoire du canal pylorique ; d’autre part, une cicatrisation chronique avec formation de tissu fibreux et de sténose organique irréversible.
Cette obstruction peut être partielle ou complète. Dans les formes partielles, les patients présentent souvent des vomissements postprandiaux répétés, une distension abdominale progressive, une perte de poids et des signes de déshydratation. Lorsqu’elle devient complète, l’obstruction s’accompagne d’un arrêt complet du transit gastrique, avec des vomissements abondants, parfois bilieux ou contenant des résidus alimentaires anciens, ainsi qu’un risque accru de déséquilibres hydro-électrolytiques graves, notamment une hypochlorémie et une hypokaliémie secondaires à la perte prolongée de sécrétions gastriques acides.
Le diagnostic repose sur l’association de la symptomatologie clinique, de l’examen physique (notamment la recherche d’une distension gastrique à la percussion ou d’un bruit de clapotage) et d’examens complémentaires : l’échographie abdominale peut mettre en évidence une dilatation gastrique avec rétention, tandis que la fibroscopie oeso-gastro-duodénale permet de visualiser directement la sténose, d’en évaluer la cause sous-jacente (ulcère actif, cicatrice, ou autre lésion) et de réaliser si nécessaire une biopsie pour exclure une origine néoplasique.
La prise en charge initiale est médicale : jeûne strict, sonde nasogastrique pour décompresser l’estomac, réhydratation intraveineuse et correction des troubles électrolytiques. Un traitement anti-ulcéreux intensif (inhibiteurs de la pompe à protons à forte dose) est systématiquement instauré. En cas d’obstruction persistante après 72 heures de traitement conservateur, ou en présence d’une sténose organique confirmée, une intervention endoscopique (dilatation pneumatique ou pose de stent temporaire) ou chirurgicale (pyloroplastie ou vagotomie associée à une drainage gastrique) peut être indiquée.