Que faire si de l’huile pénètre dans l’œil ?
Lorsqu’une goutte d’huile chaude pénètre accidentellement dans l’œil, il s’agit d’une urgence ophtalmologique qui nécessite une prise en charge immédiate. Contrairement à ce que l’on pourrait croire,
Lorsqu’une goutte d’huile chaude pénètre accidentellement dans l’œil, il s’agit d’une urgence ophtalmologique qui nécessite une prise en charge immédiate. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, l’huile ne se mélange pas à la couche lacrymale : elle forme une pellicule hydrophobe à la surface de la cornée et de la conjonctive, empêchant l’oxygénation adéquate des cellules épithéliales et aggravant potentiellement les lésions.
La première mesure essentielle consiste à rincer abondamment l’œil à l’eau tiède ou au sérum physiologique stérile pendant au moins 15 minutes, en gardant la paupière supérieure relevée pour assurer un lavage complet de la surface oculaire. Il est crucial d’éviter tout frottement, car cela risquerait de propager l’huile ou d’induire une abrasion cornéenne secondaire.
Après le rinçage, une consultation ophtalmologique en urgence est indispensable — même en l’absence de douleur intense ou de baisse visuelle immédiate. Un examen à la lampe à fente permettra d’évaluer la profondeur de la lésion, de détecter d’éventuelles infiltrations lipidiques dans le stroma cornéen ou des signes précoces de kératite toxique. Dans certains cas, une topographie cornéenne ou une tomographie par cohérence optique (OCT) antérieure peut être requise pour objectiver les altérations microstructurales.
Le traitement médical repose sur une corticothérapie locale à dose adaptée (ex. : prednisolone acétonide 1 %), associée à des larmes artificielles lubrifiantes non conservées, voire à une cicatrisation assistée par facteurs de croissance épithéliaux si une déficience épithéliale persiste. Une surveillance étroite sur plusieurs jours est nécessaire, car les complications tardives — telles qu’une néovascularisation cornéenne ou une opacité stromale résiduelle — peuvent survenir malgré une prise en charge initiale correcte.
La prévention reste primordiale : lors de la cuisson à haute température, l’utilisation systématique d’un écran facial ou d’une lunette de protection adaptée aux activités culinaires réduit significativement le risque de projection oculaire. En milieu professionnel, les normes de sécurité imposent des équipements de protection individuelle (EPI) certifiés CE pour les postes exposés aux éclaboussures thermiques.