Pourquoi les seins sont-ils douloureux et gonflés ?
L’augmentation du volume et de la tension des seins, souvent décrite comme une sensation de « gonflement » ou de « tiraillement », est un symptôme fréquent chez les femmes en âge de procréer. Ce phéno
L’augmentation du volume et de la tension des seins, souvent décrite comme une sensation de « gonflement » ou de « tiraillement », est un symptôme fréquent chez les femmes en âge de procréer. Ce phénomène, appelé mastodynée cyclique lorsqu’il survient de façon répétée en lien avec le cycle menstruel, résulte principalement de variations hormonales — notamment de l’œstrogène et de la progestérone — qui stimulent la prolifération du tissu glandulaire et la rétention hydrosaline dans le sein.
Cette gêne mammaire apparaît généralement dans la phase lutéale (deuxième moitié du cycle), soit 7 à 10 jours avant les règles, et s’atténue spontanément avec le début des saignements. Elle peut s’accompagner d’une hypersensibilité au toucher, d’une sensation de lourdeur ou d’une douleur sourde, parfois bilatérale et diffusée. Dans la grande majorité des cas, il s’agit d’un processus physiologique bénin, sans lien avec une pathologie sous-jacente.
Toutefois, une mastodynée non cyclique — c’est-à-dire persistante, asymétrique, localisée ou déconnectée du cycle menstruel — mérite une évaluation clinique approfondie. Elle peut être associée à des facteurs tels qu’un traitement hormonal substitutif, une contraception hormonale, une grossesse précoce, une mastite, une kystose mammaire ou, plus rarement, une lésion nodulaire suspecte. Un examen clinique minutieux, complété si nécessaire par une échographie mammaire ou une mammographie selon l’âge et les critères de risque, permet de distinguer les causes fonctionnelles des situations nécessitant une prise en charge spécialisée.
La prise en charge repose d’abord sur l’information et la rassurance : la mastodynée cyclique ne constitue pas un signe d’augmentation du risque de cancer du sein. Des mesures non médicamenteuses — port d’un soutien-gorge bien adapté, limitation de la caféine et du sel, application locale de chaleur — peuvent soulager les symptômes. En cas de gêne sévère ou invalidante, une consultation en sénologie permet d’évaluer la pertinence d’un traitement symptomatique modéré (par exemple, anti-inflammatoires non stéroïdiens) ou d’une réévaluation thérapeutique hormonale.