Traitement de l’amenorrhée liée à un déséquilibre hormonal
L’absence de règles, ou aménorrhée, constitue un symptôme fréquent en consultation gynécologique, souvent lié à des déséquilibres hormonaux complexes. Lorsque l’aménorrhée est secondaire — c’est-à-dir
L’absence de règles, ou aménorrhée, constitue un symptôme fréquent en consultation gynécologique, souvent lié à des déséquilibres hormonaux complexes. Lorsque l’aménorrhée est secondaire — c’est-à-dire survenant après une période de cycles menstruels réguliers —, elle reflète généralement une perturbation du fonctionnement hypothalamo-hypophyso-ovarien. Ce triade régule finement la sécrétion des gonadotrophines (FSH et LH), les œstrogènes et la progestérone, dont les variations influencent directement la maturation folliculaire, l’ovulation et le maintien de l’endomètre.
Les causes endocriniennes les plus courantes incluent le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK), caractérisé par une hyperandrogénie, une anovulation chronique et des anomalies morphologiques ovariennes ; l’hyperprolactinémie, souvent liée à un adénome hypophysaire prolactinome ou à des médicaments dopaminergiques ; l’hypothyroïdie non compensée, qui altère la liaison des hormones thyroïdiennes aux protéines porteuses et perturbe la régulation centrale de la reproduction ; ainsi que les troubles du comportement alimentaire sévères ou le stress physique intense, pouvant induire une aménorrhée hypothalamique fonctionnelle via une inhibition centrale de la GnRH.
Le bilan diagnostique repose sur une anamnèse détaillée (antécédents obstétricaux, poids récent, activité sportive, prise médicamenteuse), un examen clinique (recherche de signes d’hyperandrogénie, d’hypothyroïdie ou de galactorrhée) et une biologie ciblée : dosage sérique de la prolactine, des hormones thyroïdiennes (TSH, T4 libre), des gonadotrophines (FSH, LH), des œstrogènes (œstradiol), de la testostérone totale et libre, ainsi que de l’AMH dans certains cas. Une échographie pelvienne complète est systématiquement réalisée pour évaluer la morphologie utérine et ovarienne.
La prise en charge thérapeutique est strictement étiologique. En cas de SOPK, la metformine peut être associée à des contraceptifs oraux combinés pour restaurer la régularité cyclique et limiter les risques métaboliques. Pour l’hyperprolactinémie, les agonistes dopaminergiques (bromocriptine ou cabergoline) constituent le traitement de première intention. L’hypothyroïdie nécessite une substitution thyroïdienne adaptée (lévothyroxine), tandis que l’aménorrhée hypothalamique implique avant tout une réhabilitation nutritionnelle, une modulation de l’activité physique et un soutien psychologique. Dans tous les cas, la surveillance régulière de la densité minérale osseuse est recommandée en raison du risque accru d’ostéopénie liée à l’hypo-oestrogénie prolongée.