Comment traiter la cataracte traumatique ?
Lorsqu’un traumatisme oculaire entraîne une opacification du cristallin, on parle de cataracte traumatique. Cette forme de cataracte peut survenir à la suite d’un choc contondant (comme un coup au glo
Lorsqu’un traumatisme oculaire entraîne une opacification du cristallin, on parle de cataracte traumatique. Cette forme de cataracte peut survenir à la suite d’un choc contondant (comme un coup au globe oculaire), d’une pénétration oculaire (par exemple par un corps étranger métallique ou végétal), ou encore d’une exposition à des agents physiques ou chimiques (radiations ionisantes, produits caustiques). Contrairement aux cataractes séniles, elle peut apparaître à tout âge, y compris chez l’enfant, et son évolution est souvent plus rapide.
Le diagnostic repose sur un examen ophtalmologique complet : acuité visuelle, biomicroscopie avec lampe à fente pour caractériser le type, la localisation et l’étendue de l’opacité, ainsi qu’une évaluation de la stabilité du segment postérieur (notamment présence d’un décollement de rétine ou d’une hémorragie vitrée). Une échographie oculaire peut être nécessaire si le cristallin ou le corps vitré est trop trouble pour permettre une observation directe.
La prise en charge dépend étroitement de la gravité du traumatisme associé et du degré d’altération fonctionnelle. En cas de cataracte légère et asymptomatique, une surveillance régulière suffit. En revanche, dès lors que la baisse de vision entrave les activités quotidiennes ou compromet le pronostic rétinien (par exemple en cas d’opacité centrale dense ou de risque de glaucome secondaire), la chirurgie devient indiquée. La phacoémulsification avec implantation d’une lentille intraoculaire (LIO) est la technique standard, mais elle exige une expertise particulière : la capsule postérieure peut être fragilisée, la zonule lésée, ou l’iris déformé, ce qui augmente le risque de complications peropératoires comme la chute du cristallin dans le vitré ou une déchirure capsulaire.
Dans certains cas complexes — notamment après une pénétration sévère ou une rupture capsulaire étendue — une approche combinée (extraction extracapsulaire suivie d’une fixation sclérale de la LIO) ou une chirurgie en deux temps peut être préférée. Le choix du type de lentille (rigide ou foldable, monofocale ou torique) tient compte de la géométrie oculaire résiduelle et des besoins visuels du patient. Un suivi postopératoire rigoureux est indispensable pour dépister précocement des complications telles qu’une inflammation persistante, un œdème maculaire cystoïde ou une élévation de la pression intraoculaire.