Intérêt clinique du dosage du facteur de croissance placentaire
Le dosage du facteur de croissance placentaire (PlGF) constitue un outil diagnostique et pronostique précieux dans la prise en charge des troubles hypertensifs gravidiques, notamment de la prééclampsi
Le dosage du facteur de croissance placentaire (PlGF) constitue un outil diagnostique et pronostique précieux dans la prise en charge des troubles hypertensifs gravidiques, notamment de la prééclampsie. Ce biomarqueur, sécrété principalement par le syncytiotrophoblaste, reflète l’intégrité fonctionnelle du placenta et son développement vasculaire.
Une concentration plasmatique de PlGF significativement abaissée — particulièrement avant 34 semaines d’aménorrhée — est fortement associée à un risque accru de prééclampsie sévère, de retard de croissance intra-utérin (RCIU), d’accouchement prématuré iatrogène ou de détresse fœtale aiguë. À l’inverse, des valeurs normales ou élevées permettent de rassurer sur la stabilité placentaire à court terme, contribuant ainsi à éviter des hospitalisations inutiles ou des interventions précoces non justifiées.
Ce test est surtout pertinent chez les femmes présentant des signes cliniques évocateurs (hypertension artérielle nouvelle, protéinurie, céphalées persistantes, troubles visuels) ou des facteurs de risque connus (antécédent personnel ou familial de prééclampsie, grossesse gémellaire, diabète prégestationnel, obésité sévère). Il s’intègre désormais dans des algorithmes combinés, souvent associé au ratio PlGF/sFlt-1 (facteur de croissance endothélial vasculaire soluble), pour améliorer la sensibilité et la spécificité du dépistage.
Il convient de noter que le dosage du PlGF ne remplace pas l’évaluation clinique globale ni la surveillance obstétricale standard, mais renforce la prise de décision partagée, permet une stratification du risque plus fine et oriente la fréquence des suivis — notamment vers des unités spécialisées en médecine materno-fœtale lorsque les résultats sont anormaux.