Le 26 mars, la Conférence internationale sur les technologies intelligentes pour la santé 2026 s’est tenue avec succès dans la zone scientifique et technologique de Puxi Expo, située dans le district de Huangpu à Shanghai. Portant le thème « Innovation convergente médecine-ingénierie », cette rencontre a été co-organisée par l’Association shanghaïenne des technologies d’intelligence artificielle et le Bureau du groupe de travail pour la construction de la zone centrale d’innovation scientifique et technologique de Huangpu, sous la supervision du Bureau des investissements et du transfert technologique de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) à Shanghai. Elle a rassemblé des représentants issus des administrations publiques, des établissements de santé, des instituts de recherche et des entreprises technologiques afin d’explorer les voies d’une collaboration industrielle et d’une innovation scientifique adaptées à l’ère de la santé intelligente 3.0.
Lors de son intervention, M. Lou Wei, président de l’Association shanghaïenne des technologies d’intelligence artificielle, a souligné que l’innovation convergente entre médecine et ingénierie ne saurait rester confinée aux laboratoires : elle doit impérativement s’ancrer dans le marché et pénétrer au quotidien des foyers, en fermant la boucle entre recherche fondamentale, application clinique et viabilité économique. Pour sa part, M. Chen Yongliang, directeur exécutif du Bureau de la zone centrale d’innovation scientifique et technologique de Huangpu, a rappelé que le district mobilise ses ressources médicales d’excellence — notamment ses grands hôpitaux universitaires — ainsi que ses infrastructures dédiées à la médecine translationnelle, afin de favoriser une intégration profonde entre soins de pointe, technologies avancées et services spécialisés.
Cette vision s’est concrétisée sur place par plusieurs actes symboliques majeurs : l’attribution officielle par l’ONUDI (Shanghai) du label « Partenaire de l’industrie des sciences de la vie » à la zone scientifique et technologique de Puxi Expo ; l’installation officielle du « Centre d’innovation technologique et industrielle en médecine-ingénierie », lancé par l’Association shanghaïenne des technologies d’intelligence artificielle ; et le lancement de la « Zone industrielle de la santé intelligente – Renouveau vital ». Ensemble, ces initiatives marquent la constitution d’un écosystème complet, couvrant l’ensemble de la chaîne de valeur, de la recherche fondamentale à la diffusion grand public.
Dans le cadre de la présentation des avancées les plus récentes en matière de convergence médecine-ingénierie, Mme Liu Rongyun, vice-présidente de l’Association shanghaïenne des technologies d’intelligence artificielle, fondatrice et directrice générale de la société Shengshengji, a exposé la nouvelle approche de la gestion de la santé à l’ère de la santé intelligente 3.0. Selon elle, la mutation la plus profonde des dix prochaines années ne se jouera pas dans les salles d’hôpital, mais dans la vie quotidienne de chaque individu. « L’hôpital détermine si une maladie peut être guérie, tandis que la gestion quotidienne de la santé conditionne la qualité de vie, sa durée et sa résilience », a-t-elle précisé. Ce changement de paradigme implique un passage d’une approche réactive à une surveillance proactive, et d’examens ponctuels à une analyse continue et contextualisée — cœur même de la santé intelligente 3.0.
Ce virage est particulièrement crucial dans la prévention primaire des maladies cardiovasculaires. En Chine, près de 330 millions de personnes souffrent de pathologies vasculaires généralisées, et plus de 4,58 millions de décès annuels sont attribuables aux maladies cardiovasculaires. Or, les méthodes classiques de dépistage électrocardiographique présentent des limites bien documentées : l’électrocardiogramme (ECG) au repos ne dure que 10 à 30 secondes, rendant fréquente la non-détection des arythmies paroxystiques ; quant à la méthode Holter traditionnelle, bien qu’elle permette une surveillance sur 24 heures, elle impose un port contraignant (électrodes filaires multiples), interdit la douche ou le bain, nécessite des allers-retours répétés à l’hôpital, et souffre d’une faible observance thérapeutique. Par ailleurs, le pays ne compte que quelque 36 000 cardiologues spécialisés en électrophysiologie, face à une demande supérieure à 50 millions de patients — une rupture structurelle entre offre et besoin.
Pour autant, les données cliniques sont formelles : la surveillance électrocardiographique prolongée et continue revêt une valeur diagnostique irremplaçable. Elle augmente significativement le taux de détection des arythmies, notamment les fibrillations auriculaires paroxystiques nocturnes ou les bradycardies asymptomatiques ; elle permet d’évaluer la dynamique de l’ischémie myocardique, y compris les épisodes silencieux ; elle autorise l’analyse de la variabilité de la fréquence cardiaque (VFC), indicateur clé de la fonction du système nerveux autonome ; et elle guide l’ajustement thérapeutique médicamenteux ou l’évaluation du fonctionnement des stimulateurs cardiaques. Chez les patients atteints d’hypertension artérielle, de diabète, d’apnée du sommeil ou de troubles psychiatriques — pathologies fortement associées aux arythmies — cette surveillance continue constitue un outil essentiel d’alerte précoce et de prise en charge intégrée.
C’est précisément pour répondre à ce besoin clinique pressant que Shengshengji a présenté, lors de la conférence, son dispositif médical portable d’ECG continu : « AI Xintan » (« Détecteur cardiaque IA »). Ce dispositif marque trois avancées majeures : premièrement, il permet une surveillance continue de 24 à 72 heures sans gêne ni interruption des activités quotidiennes ; deuxièmement, il garantit une précision clinique élevée, avec un taux de détection des arythmies supérieur à 99,6 % ; troisièmement, il assure une connectivité directe avec les systèmes hospitaliers — notamment avec l’Hôpital Zhongshan affilié à l’Université Fudan — permettant la transmission automatique des données et la génération immédiate du rapport diagnostique. Ainsi, l’utilisateur réalise l’enregistrement chez lui, tandis que l’interprétation experte est assurée par des cardiologues hospitaliers.
« Autrefois, c’était le patient qui se déplaçait vers l’hôpital pour subir un examen ; aujourd’hui, c’est l’examen qui vient s’intégrer à la vie du patient », a commenté Mme Liu Rongyun. « AI Xintan » ouvre la voie à une démocratisation sans précédent des examens cardiaques de référence, transformant une consultation ponctuelle en une protection continue, personnalisée et accessible. Le dispositif est désormais disponible en ligne.
En complément de « AI Xintan », Shengshengji a également présenté deux autres composantes clés de son écosystème « perception–analyse–intervention » : « AI Shentan » (« Détecteur neurologique IA »), une plateforme d’analyse intelligente fondée sur la modélisation IA et la neurosciences computationnelle, et « Jinguang Lizi Yi » (« Appareil à ions dorés »), un dispositif d’intervention physique utilisant une technologie plasma issue de laboratoires nationaux de recherche. Ces trois solutions forment ensemble un cycle intégré de santé intelligente 3.0, alliant détection précoce, interprétation clinique fine et action thérapeutique ciblée.
Les experts présents ont unanimement souligné que la convergence médecine-ingénierie ne repose pas seulement sur l’interdisciplinarité, mais sur la capacité à traduire des concepts scientifiques complexes en outils tangibles, utilisables et accessibles. Seule cette capacité à transformer l’innovation en expérience utilisateur concrète permettra de faire passer les technologies de santé de la phase expérimentale à l’adoption massive. À partir de Huangpu, Shengshengji entend poursuivre son engagement en faveur de l’innovation responsable, contribuant ainsi à faire rayonner la science médicale chinoise à l’international — et surtout, à rendre la santé proactive, personnalisée et véritablement maîtrisée par chacun.