Caractéristiques de la pollakiurie dans le cancer du col utérin
Le cancer du col de l’utérus peut entraîner des troubles urinaires, dont la pollakiurie — c’est-à-dire une augmentation fréquente et inhabituelle du nombre de mictions au cours de la journée. Cette sy
Le cancer du col de l’utérus peut entraîner des troubles urinaires, dont la pollakiurie — c’est-à-dire une augmentation fréquente et inhabituelle du nombre de mictions au cours de la journée. Cette symptomatologie n’est pas spécifique au stade précoce de la maladie, mais elle apparaît généralement lorsque la tumeur progresse localement et envahit les structures adjacentes, notamment la vessie ou les uretères. Une compression mécanique ou une infiltration tumorale du trigone vésical ou des orifices urétéraux peut perturber la fonction vésicale normale, provoquant une sensation de besoin urgent et répété d’uriner, même en l’absence de volumineuse diurèse.
Cette pollakiurie s’accompagne souvent d’autres signes évocateurs d’une extension locale avancée : dysurie (miction douloureuse), hématurie macroscopique ou microscopique, incontinence urinaire par débordement ou, dans les cas sévères, une insuffisance rénale aiguë secondaire à une obstruction bilatérale des uretères. Il est essentiel de noter que ces manifestations ne surviennent pas isolément : elles coexistent fréquemment avec des saignements génitaux anormaux (métrorragies), des douleurs pelviennes chroniques ou des écoulements vaginaux malodorants.
La présence de pollakiurie chez une femme présentant des facteurs de risque connus — comme une infection persistante par le virus du papillome humain (VPH) à haut risque, des antécédents de frottis cervico-vaginaux anormaux non suivis, ou un tabagisme prolongé — doit déclencher une évaluation gynécologique approfondie. L’examen clinique, complété par une colposcopie, une biopsie dirigée et une imagerie pelvienne (IRM ou échographie endovaginale) permet de confirmer le diagnostic, d’évaluer l’extension locale et de détecter d’éventuelles métastases ganglionnaires ou viscérales.
En pratique clinique, la survenue d’une pollakiurie nouvelle ou progressive chez une femme en âge de procréer ou ménopausée ne doit jamais être attribuée de façon systématique à des causes bénignes (comme une cystite ou une hyperactivité vésicale). Elle constitue un signe d’alerte justifiant une investigation oncologique rapide, car son apparition peut refléter une progression tumorale nécessitant une prise en charge multidisciplinaire immédiate — incluant chirurgie, radiothérapie conformationnelle et chimiothérapie néoadjuvante ou adjuvante selon le stade.