Les plantes médicinales chinoises peuvent-elles traiter la surdité neurosensorielle ?
La surdité neurosensorielle — ou perte auditive induite par une lésion de la cochlée, des cellules ciliées ou des voies auditives centrales — constitue un défi thérapeutique majeur en médecine moderne
La surdité neurosensorielle — ou perte auditive induite par une lésion de la cochlée, des cellules ciliées ou des voies auditives centrales — constitue un défi thérapeutique majeur en médecine moderne. Contrairement à la surdité conductive, qui peut souvent être corrigée chirurgicalement ou par appareillage, la forme neurosensorielle est généralement irréversible, car elle implique une atteinte structurelle ou fonctionnelle des éléments sensoriels ou neuronaux de l’audition.
Dans ce contexte, certaines pratiques de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), notamment l’utilisation de préparations à base de plantes médicinales, sont parfois proposées comme adjuvants thérapeutiques. Toutefois, aucune étude clinique randomisée et contrôlée, publiée dans des revues scientifiques à comité de lecture, ne démontre actuellement une efficacité reproductible ni une amélioration objective de l’audiométrie chez les patients atteints de surdité neurosensorielle traités exclusivement par des remèdes phytothérapeutiques issus de la MTC.
Plusieurs méta-analyses récentes, dont celles publiées dans *The Cochrane Library* et *Frontiers in Neurology*, soulignent le manque criant de données probantes : les essais rapportés présentent fréquemment des biais méthodologiques importants (taille d’échantillon insuffisante, absence de groupe témoin adéquat, évaluation subjective des résultats), rendant leurs conclusions non généralisables. En outre, certains composés végétaux utilisés dans ces préparations peuvent interagir avec des traitements conventionnels ou présenter un risque hépatotoxique ou néphrotoxique, particulièrement chez les patients âgés ou polymédiqués.
Le traitement fondé sur les preuves repose aujourd’hui sur trois axes : la prise en charge précoce par corticothérapie systémique dans les formes aiguës (surdité subite), l’appareillage auditif adapté ou la pose d’un implant cochléaire selon le degré de perte, et la rééducation orthophonique centrée sur la perception de la parole. Toute approche complémentaire doit être discutée en concertation avec un ORL et un audiologiste, dans le cadre d’une démarche intégrative rigoureuse et transparente — jamais en substitution à une prise en charge validée scientifiquement.