L’hypertension artérielle liée à un rétrécissement de l’artère rénale est-elle traitable ?
La sténose de l’artère rénale, une cause relativement rare mais potentiellement grave d’hypertension artérielle secondaire, est effectivement traitable. Elle résulte d’un rétrécissement — le plus souv
La sténose de l’artère rénale, une cause relativement rare mais potentiellement grave d’hypertension artérielle secondaire, est effectivement traitable. Elle résulte d’un rétrécissement — le plus souvent d’origine athéromateuse ou fibromusculaire — de l’une ou des deux artères rénales, entraînant une activation compensatoire du système rénine-angiotensine-aldostérone (SRAA) et une élévation persistante de la pression artérielle.
Le diagnostic repose sur une combinaison d’éléments cliniques (hypertension résistante, dégradation soudaine de la fonction rénale sous inhibiteur de l’enzyme de conversion ou antagoniste des récepteurs de l’angiotensine, asymétrie des tailles rénales à l’imagerie) et d’examens complémentaires : échographie Doppler rénale, scintigraphie rénale avec captopril, angio-CT ou angio-RM, voire angiographie numérisée par soustraction (ANS) en cas de suspicion forte et avant toute intervention.
La prise en charge thérapeutique est individualisée selon la cause, la gravité de la sténose, la fonction rénale résiduelle et la réponse aux traitements médicamenteux. La stratégie initiale repose systématiquement sur un traitement antihypertenseur optimal, incluant impérativement un inhibiteur du SRAA (IEC ou ARA), sauf contre-indication avérée (sténose bilatérale, insuffisance rénale sévère ou hyperkaliémie). Dans les formes fibromusculaires jeunes, la dilatation percutanée avec pose de stent peut être proposée avec un bon taux de succès ; en revanche, chez les patients âgés atteints de sténose athéromateuse, les bénéfices d’une revascularisation sont plus limités et doivent être soigneusement pesés face aux risques procéduraux, comme le démontrent les essais CORAL et ASTRAL.
Ainsi, bien que la sténose de l’artère rénale ne soit pas toujours curable dans le sens strict du terme, elle est largement contrôlable : une surveillance rigoureuse, une adaptation thérapeutique ciblée et, dans certains cas sélectionnés, une intervention réparatrice permettent de stabiliser la pression artérielle, de préserver la fonction rénale et de réduire significativement le risque cardiovasculaire à long terme.